L'école de demain ? Journée thème au Département pédagogique de Champion

Imagine… Une école créative, adaptée aux besoins de l’enfant, tenant compte des atouts de l’enseignant, ajustée aux techniques et aux réalités sociales modernes, innovante… Ton école de demain, comment la voudrais-tu? Quel rôle peux-tu jouer pour contribuer à sa réalisation?

programme (correction lumière)Ce vendredi 10 février 2017 a eu lieu une journée centrée sur le thème de L’école de demain au Département pédagogique de Champion. Ce projet mené dans le cadre du cours de Sociologie et Politique de l’Education/TICE était organisé par Mmes Hardy et Laurent ainsi que par les 3e régents en Math et s’adressait en particulier aux élèves de 3e des sections préscolaire, primaire et régendat en sciences. Rassemblant d’une part les travaux de réflexions entamés par les étudiants au cours du premier semestre, il apportait d’autre part de nouvelles idées issues de l’expérience de personnes de terrain. Ainsi, Mr John Rizzo, conférencier de la matinée, rejoint ensuite par Mme Christine Mahy, sont venus répondre aux questions posées par le public lors d’une table ronde en après-midi.
Un beau programme
– De 9h00 à 10h30 : Visionnage et interaction autour des reportages réalisés par les élèves de 3e préscolaire.
– De 10h30 à 12h : Conférence de Mr John Rizzo, auteur du livre « Sauver l’école », informaticien devenu instituteur et formateur.
– Tout au long de la matinée, mur Padlet en ligne permettant d’exprimer des questions ou réflexions à poser en après-midi aux invités de la table ronde.
– Dîner convivial autour d’un buffet sandwichs.
– De 14h à 15h30 : Table ronde réunissant Mr John Rizzo ainsi que Mme Christine Mahy, présidente du réseau wallon de lutte contre la pauvreté.
Des reportages novateurs
presentations (correction lumière)Selon toi, futur instituteur, l’idéal de l’école de demain, ce serait quoi?
1) Une éducation bienveillante
2) Des activités manuelles ou pratiques régulières et continues au long du parcours scolaire
3) Un bon aménagement des lieux communs (cours de récréation, réfectoire…) pour favoriser les relations
4) Un bon aménagement de la salle de classe pour favoriser la motivation d’apprendre
5) Un bon climat de classe : des règles établies avec les enfants
6) Une réelle gratuité de l’école en Belgique
7) Une meilleure communication et intégration des familles issues de milieux précaires
8) Une pédagogie idéale, mêlant les apports des différents courants existants (socio-constructivisme, Freinet, Montessori…)
9) Les troubles dys : une plus grande considération et des aménagements concrets mis en place
10) Les études professionnelles : une plus grande mise en valeur, une guidance ajustée et un accompagnement maximal en amont
Une conférence éclairante
Sauver-l-ecole-couvertureExplorateur de l’enseignement, je m’efforce d’aider là ou je peux. Après avoir revendu ma start-up de formations en informatique, j’ai été instituteur avant d’écrire « Sauver l’Ecole ? », paru chez Ker éditions. John Rizzo http://johnrizzo.be
John-Rizzo-photoC’est en s’appuyant sur quelques concepts du livre de Céline Alvarez, Les lois naturelles de l’enfant, qu’a débuté notre conférencier du jour, Mr John Rizzo. Un enseignant qui se met en retrait, une autonomie active des enfants, des liens sociaux positifs sont autant de critères qui peuvent aider à améliorer le rendement de l’apprentissage au sein d’une école.
Par l’illustration d’extraits de conférences TED en matière d’enseignement, Mr Rizzo a cherché à démontrer les bienfaits d’un système scolaire sans enseignant ainsi qu’à son opposé, ceux d’une école à enseignant omniprésent et omnicontrôlant. Eveillant le sens critique de son auditoire, il a mis en avant les différences entre le modèle d’enseignement traditionnel de type « industriel », prédictible, taillé pour la sécurité, la pérennité…  et le modèle promu par le pacte d’excellence cherchant à fonctionner davantage comme un « écosystème », individuel et collaboratif, adaptable, créatif. Bien entendu, l’un comme l’autre, ces modes de fonctionnement influencent la configuration des classes, soit homogènes selon l’enseignement traditionnel ou hétérogènes selon l’enseignement plus évolutif.
Le formateur a également expliqué les raisons de la si lente mise en application du pacte d’excellence dans nos écoles belges. Non pas qu’il y ait un manque d’enthousiasme ou de bonne volonté, mais bien plus un défi d’ordre psychologique. Il est souvent bien difficile pour celui qui détient le savoir et contrôle la situation de se remettre en question et d’accepter une marge d’erreurs, voire d’accepter de ne pas savoir. Une autre raison est celle du « cloisonnement » : cloison par l’horaire, cloison entre les disciplines, cloison des niveaux scolaires, cloison entre les enseignants… Tant de conséquences dues au besoin d’avoir des classes homogènes. Le défi actuel auprès des écoles traditionnelles est donc un travail de persuasion à décloisonner sans crainte, à favoriser l’entraide entre les enfants, à créer un écosystème.
En conclusion, Mr Rizzo a invité chaque futur enseignant à être un exemple d’adaptation pour les enfants qui leurs seraient confiés. Il a incité à rester dans une démarche constante d’humilité : sortir de ses habitudes, des zones de confort sécurisantes et innover. En effet, puisque l’école de demain n’existe pas encore et que la société ne cesse d’évoluer, le métier d’instituteur est à inventer chaque jour.

Vous serez la génération qui va inventer l’école de demain !

Table ronde et espérance
tableronde2 (2)A partir des questions récoltées sur le mur interactif Padlet créé pour l’occasion,  deux étudiantes ont animé la table ronde avec nos invités du jour, Mme Christine Mahy et Mr John Rizzo. Les différents points abordés faisaient écho à plusieurs aspects énoncés en matinée, tels que la fausse gratuité de l’école, la tendance à l’égalité hiérarchique entre professeur et élèves, les travaux manuels ou encore l’enseignement bienveillant. La dernière question posée aux deux invités reprenait le thème de la journée : Pour vous, c’est quoi l’école de demain? Voici pour terminer quelques perles des réponses recueillies.

« A quoi j’aimerais que l’école contribue dans la société? Qu’elle ait pour intention de conduire chaque enfant jusqu’où il se sente capable d’aller, qu’elle lui apporte les outils dont il a besoin pour y arriver, voire pour dépasser cet objectif. Qu’elle soit moins porteuse de normes et de hiérarchisation dans ses valeurs. Qu’elle réduise les inégalités et soit ouverte vers l’extérieur. »
 
[…] « C’est important de se dépoluer de l’idée que l’école doit conduire à un métier. Au lieu de réfléchir à un plaisir d’apprendre, on conditionne à un chemin unique. Ça enlève des rêves, ça ferme des portes à des potentialités! »
 
[…] « Dans cette société, vous faites partie des personnes qui ont une responsabilité importante : un métier du relationnel, de sens, de nécessité, de lien social… Vous avez cette potentielle force. Investissez, créez, trompez-vous mais acceptez de remettre sur la table avec d’autres. Aidez-nous et tous ceux qui dans la société ouvrent le champ. »
 
Mme Christine Mahy
 
 
« Je souhaite une école de laquelle l’enfant sort en disant : L’école, je trouve ça chouette! Une école qui ressemble à une ruche, où les enfants évoluent en se motivant mutuellement de manière intrinsèque, en se disant qu’ils ne sont pas encore « achevés », qu’ils sont encore en progression. »
 
Mr John Rizzo

Projet réalisé grâce au soutien de l’AEI et du FSE

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